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Politique du Gouvernement : La culture à la loge des oubliés

Politique du Gouvernement : La culture à la loge des oubliés

Invité mercredi 27 juin pour présenter sa lettre de politique générale à l’assemblée nationale, le premier ministre Kassory Fofana, chef du  gouvernement a cité la quasi totalité des départements ministériels, sans faire allusion à celui de la culture et du patrimoine historique. Un fait qui n’a pas du tout passé anodin chez les acteurs culturels. C’est le cas de Bilia Bah, Directeur de l’Association Culturelle la Muse qui a choisi d’exprimer haut et fort son indignation.

« Il paraît que le PM a fait comme si la Culture n’existait pas dans ce pays. Encore une fois, je ne comprends pas et me pose des questions. Je ne peux  quand même pas apprendre l’importance de la Culture à ces grands intellectuels ayant des doctorats, des Bac ++. Mais je ne comprends pas du tout et des questions me hantent. A qui la faute ? A-t-il rédigé son programme seul ? Personne ne l’a relu? Ne l’a-t-il pas relu ? Personne ne s’est rendu compte qu’il n’y avait pas la Culture ? Ni le Ministre de la Culture et ses collègues ? Ni le Président de la république ? Aucun député ne l’a remarqué à l’assemblée ? Ça arrive la énième fois avec le énième PM, et seuls les acteurs culturels le remarquent. Et tout ça se passe dans un pays en perte d’identité. Déchiré par tous les maux que je ne vais pas citer ici. Le PM ne peut être le seul responsable. Nous le sommes tous ! Ce pays a besoin de la Culture plus que toute autre chose. C’est même une urgence. Comment voulez-vous insuffler un nouveau souffle sans la Culture ? Ne parlons même pas de l’inexistence de soutien à la création, la formation, du manque criard d’espaces de diffusion. Chez nous, la vision culturelle se résume à des artistes se laissant instrumentaliser par des politiques ou des barons de la cité » explique-t-il à notre micro.

Pour Bilia Bah, si ce régime se permet de le refaire une fois de plus, c’est parce que les guinéens eux-mêmes n’accordent pas d’importance à la Culture. Plus loin, il rajoute que si les choses devraient changer, il va falloir commencer par avoir une volonté politique et que c’est celle-là la clé qui va tout ouvrir. A la lumière du constat sur le terrain, il faut admettre que travailler aujourd’hui dans le domaine de la Culture en Guinée nécessite une folle passion. Si nous ne faisons donc pas attention, les acteurs culturels risques tous de finir commerçant un jour ou l’autre.

Il faut signaler que ce n’est pas la première fois que la culture est omise dans la déclaration de politique générale du gouvernement. En 2014, l’ancien Premier ministre Mohamed Saïd Fofana en sait quelque chose. L’ex-patron de la primature avait provoqué la colère de différents acteurs culturels en omettant le secteur culturel dans sa lettre de mission.

Mamadou Alpha BALDE
[email protected]
Visionjeunes.com

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l'info Guinée

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