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Dr Aly Gilbert Ifono épluche les difficultés liées au métier d’écrivain en Guinée

Dr Aly Gilbert Ifono épluche les difficultés liées au métier d’écrivain en Guinée

 

«Nous qui écrivons, cela nous coûte excessivement cher. Parce qu’on vous demande ceci pour la correction, cela pour la mise en forme, cet autre pour la fabrication. Au bout du compte, le livre vous revient très cher. Et les termes de contrat sont extrêmement contraignants. Parce qu’on vous dit qu’il faut vendre au moins 500 livres pour que le 501e commence à vous apporter vos droits d’auteur. Imaginez, dans un pays où le livre coûte encore très cher ». Ces propos sont du Dr Aly Gilbert Ifono, ancien ministre de la culture, ancien député à l’Assemblée nationale, professeur d’Histoire et écrivain.

Par la suite, il indique  que les auteurs sont en vedette justement parce que sans eux, il n’y a pas de livres.

Versé dans l’écriture depuis près de 30 printemps, Dr Ifono exerce le métier d’écrivain par passion,  minimisant ainsi les difficultés liées à ce travail : «nous écrivons dans des conditions extrêmement difficiles. Mais quand on aime le métier, on s’y met. Sinon, il y a le travail proprement dit. C’est-à-dire ce pourquoi on est payé, il y a le quotidien qui est non-négligeable parce que si vous ne réglez pas les problèmes quotidiens, vous n’avez pas le temps d’écrire librement ».

S’interrogeant si c’est le livre qui est cher ou que c’est le guinéen qui est pauvre, Dr Aly Gilbert Ifono se montre persuadé d’une chose : la non-accessibilité du livre. « Alors, à quel moment on va vendre 500 livres ? Parce que moi, la plupart de mes livres coûte 20 à 25 euros. Quand vous convertissez, c’est dans l’ordre de 300 à 400.000 FG. Combien de guinéens sont capables d’aller acheter un livre pour leurs enfants quand, au même moment, pour un livre, ils peuvent acheter deux sacs de sac de riz. S’ils ont un choix à faire, je crois qu’ils n’hésitent même pas : les enfants vont attendre, la lecture va attendre. Ils vont chercher à nourrir la famille. Donc, le livre coûte encore très cher », déplore-t-il.

Une situation qui, à en croire notre interlocuteur, dépend des conditions de sa fabrication. « C’est peut-être à ce niveau que nous pouvons plaider, demander à L’Harmattan France de tenir compte du contexte. S’il faut attendre de vendre 500 livres pour que le 501e commence à vous apporter des bénéfices alors, il faut prier dans les mosquées et dans les églises d’avoir longue vie pour entrer en possession de vos droits d’auteur. Puisque moi qui vous parle, j’écris depuis bientôt 30 ans mais je ne peux pas vous dire que j’ai un rotin de droits d’auteur. Je continue à le faire parce que ça m’intéresse. Donc, c’est encore beaucoup de problèmes », dévoile Dr Ifono.

Mady Bangoura

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l'info Guinée

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