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Edito : La musique guinéenne, quelle identité ?

Si les ivoiriens, les nigérians et mêmes les sénégalais peuvent se targuer fièrement d’avoir leurs identités musicales, et lesquelles ont embrasé l’Afrique à un moment donné, la Guinée ne peut pas faire autant. Dans le concert des nations où chacune fait valoir sa musique, la musique guinéenne fait figure pâle aux côtés de ses voisines. La faute à plusieurs raisons.

Le N’donbolo, la rumba et le soukouss du congo RD, ont marqué  de leurs empreintes indélébiles l’Afrique des années 90 jusqu’au delà. S’emparant des masses telle une épidémie qui fait des ravages. Conakry  peut témoigner de cet âge d’or du règne en tyran de la musique zaïroise, puisqu’il a accueilli plusieurs grandes Icônes de la musique congolaise, dont entre le Grand Mupao Koffi Olomidé, boss du quartier latin, et le groupe Wengué musica de Werrasson.

Le mbalax sénégalais porté par la légende Youssou Ndour n’a pas connu forcément la même pointe de culmination que le ndonbolo de Koffi Olomidé. Mais le très dansant m’balax, a porté aussi haut  qu’il l’a puis l’étendard du Sénégal un peu partout à travers l’Afrique. Les Youssou N’dour,Baba mal, viviane et La Diva Koumba Gaoulow en sont les dignes représentants.

Vers l’an 2000,  On a assisté à la détrônation de la musique congolaise, par le très capricieux et bruyant Coupé-décalé qui a surgi des laboratoires de la lagune Ebrié, dont le concepteur n’est autre que le regretté boucantier DOUC Saga avec sa bande jet-7. Ce déferlement de la musique des DJ ivoiriens, indiquait que désormais c’est la Côte d’Ivoire qui manie le gouvernail de la musique en Afrique. Des artistes ivoiriens ont été la proie de la convoitise du public guinéen.

Aux environs de 2010, surgit un autre titan de la musique, avec pour ambition, s’emparer de la tête du peloton en matière de musique en Afrique. C’est le géant Nigéria avec son déferlent Afrobeat.

Quelques années seulement de battle avec le coupé décalé ont suffi à l’Afrobeat de l’emporter. Depuis, c’est la colonisation dure de l’Afrobeat sur le continent. Personne n’a envie de rester à la marge de la nouvelle tendance en vogue. Pour l’heure, on ignore quand interviendra un éventuel coup d’état musical.

Venons-en à présent à notre chère Guinée. La fibre patriotique, à ce que je sache, n’implique pas d’être dans une sorte de cécité au point de fermer délibérément les yeux sur certaines réalités. Et cette réalité est que la Guinée n’arrive pas à vendre sa musique hors de ses frontières. La question est peut être : La Guinée a t-elle une musique à vendre ? On réfléchira à la réponse.

Le problème est fondamental et entier.

Il s’explique, de mon point de vue comme suit :

Nous ne créons pas. Nous ne créons pas parce que nous manquons d’imagination. C’est pourquoi nous excellons dans l’art de l’imitation, du plagiat, du copier-coller. Cela nous le faisons bien.

A l’époque où  la musique congolaise faisait rage, des artistes guinéens chantaient à la manière congolaise ( mono musica, BCBG) et avec le coupé-décalé( Oudy 1er , Dj Sisqo etc.) . Avec la nouvelle tendance afrobeat, c’est tout le monde qui s’y essaie. Et c’est tout de même des imitations bien réussies. Mais pour autant, ces artistes n’ont jamais signé des contrats avec de grandes maisons de production tant sur le continent que dans le monde.

Les raisons s’entrelient. C’est de la cause à effet. Et les effets de telles causes sont les causes de tels effet.

La chaine de producteurs, managers et artistes est un cercle vicieux et infernal où personne ne comprend rien.

Le club des producteurs guinéens n’est pas richissime. Par conséquent ils lésinent sur les moyens à mettre dans les albums de artistes. Résultat les albums ne partent nulle part.

Les managers, sauf à quelque exception près, sont tout aussi somnolent. Incapables qu’ils sont de vendre leurs poulains sur des grandes scènes continentales ou mondiales.

Alorsque Trace tv, Bblack et autres constituent des vitrines pour artistes, les nôtres ne passent jamais et presque sur ces plateformes.

Il n’est de secret pour personne que le succès de la musique s’attache à la promotion que l’on bâtit autour.

Ne nous éternisons pas. Le problème est entier et sérieux. Et nécessite une réflexion sérieuse. La salut de la musique Guinéenne en dépend.

Pierre Fatewa Diawara

[email protected]

visionjeunes.com

 

 

 

 

 

 

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