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Mamadou Adama Bilia Bah : ‘’il faut  soutenir la culture, car elle favorise la rencontre sans hostilité, le partage et l’échange’’

En prélude au festival ‘’Univers des mots’’ prévu du 3 mars au 7 mai 2016 à Conakry Mamadou Adama Bilia Bah, Directeur de la Compagnie de théâtre ’’La Muse’’,nous parle du concept de cet festival et de ses enjeux et donne les grandes lignes de la prochaine édition. 

Visionjeunes.com : Parlez- nous  de ce festival Univers des mots

Bilia Bah : Univers des Mots est un projet soucieux d’encourager et de promouvoir la jeune écriture théâtrale africaine francophone sous forme d’une biennale composée de résidences d’auteurs, de lectures publiques, de rencontres avec les spectateurs et les professionnels, avec pour objectif de toucher un nouveau public, notamment chez les jeunes. La particularité, ce ne sont pas des résidences isolées, mais accompagnées. Une résidence pendant laquelle les auteurs ont à leur disposition un metteur en scène guinéen, un metteur en scène français et des comédiens guinéens pour l’épreuve de test au plateau. Et après on organise des lectures publiques en milieu scolaire et en milieu culturel.

Visionjeunes.com : Comment les candidats sont ils retenus ?

Bilia Bah : ça se fait sur appel à candidature.  Parce que les auteurs ne se  choisissent pas au hasard. Il y a un jury qui est constitué et qui est à caractère international, c’est-à-dire composé de professionnels africains et de professionnels européens qui choisissent trois jeunes auteurs sur dossier.

Visionjeunes.com : pourrait- on voir des auteurs guinéens encore à cette 3ème édition ?

Bilia Bah : Pour cette édition on n’aura pas de guinéens, mais la bonne nouvelle c’est qu’on n’aura deux auteurs femmes, une togolaise et une camerounaise en plus d’un auteur burkinabé, un pays qui n’avait pas encore participé à l’Univers des mots.

Visionjeunes.com : Comment fonctionne le processus ?

Bilia Bah : Le processus, il commence de l’écriture à la lecture. Mais aussi il y a de la création, parce que notre partenariat avec le Centre Culturel Franco Guinéen, nous permet de créer le test  lauréat à l’issue des résidences d’écriture.

Visionjeunes.com : En trois éditions, pourrait on dire que l’Univers des mots à grandi ?

Bilia Bah : On estime qu’il a grandi. A la première édition, nous avons eu à faire l’appel à candidature, 9 dossiers qui ont candidatés. A la deuxième édition nous avons eu 15 dossiers et pour cette troisième édition nous avons eu une vingtaine de dossiers. Ceci veut dire que plus en plus les auteurs africains francophones s’intéressent et le nombre de pays aussi grandit. Aujourd’hui on n’a 6 ou 7 pays qui soumissionnent pour ce festival. Ce qui est très important et très bien. Parce qu’enfin on a un évènement majeur côté théâtre qui se passe dans le cadre de festival. Les gens savent qu’il y a des chosent qui se passent en Guinée.

Visionjeunes.com : Quelle est la nouveauté à laquelle le public pourrait s’attendre cette année?

Bilia Bah : La nouveauté avec cette édition, c’est l’aspect spectacle. On aura des spectacles qui seront programmés, une exposition pour rendre hommage à deux grands auteurs africains, a savoir Williams Sassine et Sony Labou Tansi, qui est un auteur congolais.

Visionjeunes.com : Avez-vous eu un accompagnement de la part du gouvernement guinéen via le ministere de tutelle?

Bilia Bah : Nous avons des partenaires qui nous soutiennent depuis le début, qui ont toujours été là depuis la première édition, à savoir le Centre Culturel Franco Guinéen, l’Institut Français de Guinée, l’Institut Français de Paris, l’association Beaumarchais. Pour cette édition qui s’annonce, il se peut qu’on continue avec l’OIF Paris, et déjà les partenaires que j’ai cité nous avons la SSD et le groupe Bolloré Guinée. Mais ce qui est dommage, quand on fait le tri il y’a beaucoup plus d’institutions françaises et presque pas de partenaires du côté de la Guinée. C’est ce qui est vraiment dommage. Qu’à un moment donné  les gens nous soutiennent, croient en ce qu’on fait. Mais ça serait bien qu’on est aussi des partenaires guinéens. Car quand quelqu’un vient t’aider, il faudrait qu’il te trouve avec une disposition déjà prise. On peut pas continuer à demander aux gens de venir nous aider, si nous même notre gouvernement ne nous accompagne pas.

Visionjeunes.com : Ce festival va s’étendre sur combien de temps ?

Bilia Bah : Il va s’étendre sur deux mois. C’est- à dire un mois et demi de résidence d’écriture, une semaine de lecture et une semaine de festivité au Centre Culturel Franco Guinéen, à travers des lectures publiques, des spectacles et des animations.

Visionjeunes.com : La Guinée a vu des festivals de théâtre naître, mais aujourd’hui ces festivals ne vivent plus, pensez-vous pouvoir échapper à cela ?

Bilia Bah : Quand j’ai commencé à monter tout ça avec mon équipe, il y avait déjà des festivals qui ne vivaient plus. Mais allons nous arrêter à cause de cela ? Je ne crois pas. On va continuer à y croire. On va continuer à se battre. Nous, nous sommes là pour le renouvèlement des auteurs dramatiques africains. C’est quelque chose de pérenne, c’est un travail de fond.

Visionjeunes.com : Quel est la particularité du festival Univers des mots ?

Bilia Bah : Quand un auteur passe chez nous après la résidence ce n’est pas fini. La particularité de l’Univers des mots, c’est qu’après la résidence on ne te lâche pas. Nous essayons de te trouver d’autres créneaux. On fait circuler ses textes, parce qu’on a des partenaires artistiques aussi qui nous donnent pas de l’argent mais qui nous assistent et nous font profiter de leurs réseaux. Je veux parler du théâtre de l’aquarium de Paris, le Tarmac (Paris), les francophonies de Limoges, Ecriture et Partage de Monique Blin

Visionjeunes.com : Avez-vous un exemple d’auteur africain francophone qui est passé dans ce festival ?

Bilia Bah : Akim Bah qui est passé chez nous, est l’illustration parfaite. Nous avons réussi avec notre partenaire du théâtre de l’aquarium de faire en sorte qu’il bénéficie d’une autre résidence là-bas. Les choses bougent assez bien pour lui aujourd’hui, mais ça ne se sent pas chez nous. Akim aujourd’hui, c’est l’un des meilleurs auteurs africains francophones reconnu en France, au Canada …

Visionjeunes.com : Votre mot de la fin

Bilia Bah : Je lance un appel pas qu’au gouvernement, à toutes les bonnes volontés qui croient en la culture.  Pour moi aujourd’hui ce n’est pas qu’en Guinée seulement, c’est partout dans le monde. Il faut (silence) il faut qu’on soutienne la culture. C’est la culture qui favorise la rencontre sans hostilité, le partage et l’échange. Les évènements pareils ont besoin de soutien. C’est un vecteur qui permet de rassembler, de se côtoyer sans prise de position. Sans la culture on va tous se retrouver cloitrer chez soi et c’est là que la peur s’installe. Et je ne pense pas qu’on aimerait faire de ce siècle, un siècle de peur.

 

Entretient réalisé par Mamadou Alpha Baldé

[email protected]

Visionjeunes.com

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