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Interview exclusive : « C’est une honte qu’en Afrique on ne puisse pas vivre de la mode » s’indigne Adama Paris

Pour la 2ème saison de l’émission ‘’Nouvelle Top’’ sur A+, la créatrice de mode sénégalaise Adama Paris a récemment organisé au Mali le 1er casting de sélection des prochaines mannequins candidates. Sur 40 candidates, seulement 10 dont 4 maliennes, 3 burkinabés, 2 guinéennes et une sénégalaise ont été retenus pour participer à cette émission de télé réalité africaine. A l’occasion de la 1ère édition de Bamako Fashion Week, notre reporter a tendu son micro à la promotrice et présentatrice de ce concept. Dans une interview exclusive qu’elle lui a accordé, Adama Paris parle globalement de la ‘’Nouvelle Top’’ et évoque sa participation à l’événement de mode malien. Lisez !

Adama ParisBonjour, vous avez effectué à l’occasion de la première édition de Bamako Fashion Week, un casting de sélection de mannequins l’émission ‘’Nouvelle Top’’. Est-ce que vous pouvez nous parlez de cette émission et de ses objectifs ?

Nouvelle Top, c’est la première émission francophone de top model qui met en avant les mannequins africaines francophones ou d’ailleurs. A travers ce projet, on essai de mettre le métier de mannequin en avant et on donne surtout la chance aux filles de vivre leur rêve en les mettant dans une maison pendant un mois ou elles suivent une formation. Elles sont ensuite éliminées au fur et à mesure et à la clé, les finalistes viennent en France avec moi pour défiler pendant la Black Fashion Week à Paris et la finaliste gagne donc 5 millions plus un contrat dans une agence française également la possibilité de défiler avec moi Adama Paris pendant un an en Afrique.

Nouvelle Top est un concept que j’ai vendu à Canal + qui le passe sur A+ tous les samedis à midi. Et cette émission de télé réalité africaine a déjà commencé.

Pour un total de 40 candidates, vous n’avez retenu que 10. Dites nous ce que les unes avez de plus que les autres.

C’est vrai qu’il y’avait 40 candidates donc 40 fiches mais nous n’avons retenu que 10, c’est-à-dire celles qui avaient un petit plus donc celles qui ont un critère de mannequin (grande et jolie). On a éliminé des jolies filles mais qui s’étaient faites l’éclaircissement de la peau, parce que je lutte vraiment contre ce fléau qui pour moi est une façon de dénaturer sa beauté africaine. On est claire ou on ne l’est pas, mais je crois qu’il faut s’accepter comme on est. Le métier de mannequinat c’est de montrer aux filles qu’on peut être belle ou moins belle, mais ce n’est pas ça le plus important dans le fait d’être mannequin, ce n’est pas les belles qui réussissent ou les moins belles mais c’est plutôt celles qui ont le caractère et qui en vaut le plus qui persévère le plus. C’est comme dans un métier, ce n’est pas celles qui ont le plus de talents mais ce sont plutôt celles qui ne lâchent rien en montrant qu’il faut se battre pour ce dont on croie et surtout pour son rêve qui l’emportent.Adama-Paris

On remarque que l’aspect diversité de nationalités a été pris en compte dans le verdict du jury. Expliquez nous ce facteur.

On a retenu un peu plus de maliennes parce qu’on était au Mali, des burkinabés, des guinéennes et une sénégalaise. On va faire le même casting en Côte d’Ivoire, au Sénégal en Guinée pour encore trouver d’autres filles qui viendront compléter celles qui sont déjà retenues au Mali.

Vous avez défilé à la première édition de Bamako Fashion Week. Parlez nous de votre participation.

J’ai été ravi d’avoir participé à cette première édition de Bamako Fashion Week. J’encourage cette initiative de l’association des couturiers et créateurs du Mali. Ça m’a fait plaisir de venir retrouver Mariah Bocoum que j’ai lancé il y’a quelques années à Dakar Fashion Week. Je soutien ce projet parce que je pense que chaque ville africaine devrait avoir sa fashion week et c’est triste et déplorable que nos autorités n’aident pas ces projets. J’ai connu les mêmes difficultés au Sénégal et je vois qu’au Mali aussi les organisateurs n’ont pas été soutenus par les autorités alors qu’ils avaient donné la promesse d’accompagner l’événement.

Je lance vraiment un appel à ces gens là pour leur dire que la mode c’est une industrie qui fait vivre des personnes et qu’eux le gouvernement devrait déjà créer des structures qui puissent accompagner ce genre de projet afin que les jeunes qui se battent pour mettre quelque chose en place puissent être accompagnés. C‘est juste une normalité et c’est complètement dommage et déplorable que ces gens là n’aident pas ces jeunes. Je tiens à leur lancer le coup de gueule car c’est une honte qu’en Afrique on ne puisse pas vivre de la mode alors qu’on a tellement de richesse, de jolies choses, de belles filles et des créateurs qui sont très bien. Partout ailleurs on vit de la mode. L’Europe n’a rien de plus que nous en terme de créativité.

Adama-parisAujourd’hui, pratiquement toutes les grandes villes africaines ont des événements phares en matière de mode. Pensez-vous que cela est un bon signe pour l’avenir de la mode en Afrique ?

Bien sur que oui mais nous on est là depuis 13 ans donc ce n’est plus un départ puisse qu’on est déjà sur le chemin. J’encourage les jeunes villes qui créent des fashions weeks, ça veut dire que la mouvance est lancée et ça veut dire aussi que chacun va mettre sa pierre à l’édifice pour qu’on puisse créer une montagne. Donc pour moi c’est une très bonne chose.

Entretien réalisé depuis Bamako par Amadou 2 Barry

[email protected]

Visionjeunes.com

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