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Chronique : Le gouverneur de Conakry déterminé à réduire le monde du spectacle au silence

Chronique : Le gouverneur de Conakry déterminé à réduire le monde du spectacle au silence

Dura lex ced lex dit-on souvent mais, ce dicton semble avoir de nos jours changer de sens car il ne s’applique qu’au gouvernés et non aux gouvernants qui se permettent de faire les choses comme ils l’entendent sans le moindre souci. Les populations de la capitale guinéenne ont vu ces derniers temps un gouverneur de Conakry sympathisant des interdictions de spectacles pour des raisons d’état d’urgence sanitaire, mais Soriba Sorel Camara cache d’autres velléités derrière cette détermination partielle et ciblée. L’on aurait mieux compris cette folle envie du gouverneur de protéger ces populations contre le virus Ebola si seulement les interdictions de manifestations concernaient toutes formes de mobilisations à grande affluence. A la surprise des uns et des autres, ce même gouverneur se permet de braver ses propres interdits pour aller faire le show avec des artistes de musique populaire.

A l’instar de tous les secteurs fortement touchés par le virus Ebola, le secteur culturel sommeille aujourd’hui dans une crise qui ne dit pas son nom. Mieux, le monde du spectacle vit ses pires moments depuis l’avènement des interdictions de concerts et la fermeture des sites balnéaires à Conakry. A cela s’ajoutent, les cacophonies qui assaillent ce secteur depuis le drame de la plage rogbané qui a couté la vie à une trentaine de jeunes occasionnant l’interpellation de 2 gros morceaux du showbiz guinéen, Malick Kébé et Ablaye M’baye. Tous ces facteurs réunis ne pourront que détériorer la situation de la culture qui, au vu de tout ce qu’elle subit depuis la 2ème république, est la dernière préoccupation des dirigeants du pays.

Alors que les marchés, les boites de nuit, les stades de football ainsi que certains lieux de loisirs restent ouverts au grand public, les concerts eux sont toujours interdits à cause de l’état d’urgence sanitaire décrété par le chef de l’Etat. Normal diront certains, mais nombre d’observateurs estiment que cela est une façon de tuer la culture car à défaut d’industrie musicale forte, les artistes ne peuvent vivre de leur art sans spectacles. Pour durcir le ton sur cette avalanche de mesures visant à restreindre l’épanouissement de la jeunesse, le gouverneur de Conakry vient encore d’interdire les feux d’artifice pour les fêtes de fin d’année sans pour autant donné de raisons.

Le comble de l’ironie dans toute cette parodie de Soriba Sorel Camara, c’est le fait de violer lui-même ses propres interdits. Accompagné du premier ministre, des ministres : de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, de l’action sociale et de la promotion féminine, de l’environnement, de la communication, de la pèche, du tourisme ainsi que de quelques responsables administratifs, le gouverneur de la ville de Conakry était en fête ce 5 décembre à la paillote. Organisé par l’union nationale des artistes et musiciens de Guinée (UNAMGUI), cette soirée à la fois folklorique et dansante à connu un franc succès à cause de la forte mobilisation des missionnaires et pas les moindres du gouvernement de mission du professeur Alpha Condé. Pour témoigner toute sa joie aux organisateurs, Mohamed Saïd Fofana aurait même offert une somme de 10 millions de francs guinéens aux artistes. Dans la même dynamique, un autre cadre a gratifié les artistes de 5 millions aussi. De son coté, Soriba Sorel à son tour se serait livré à quelques pas de danse aux cotés de la ministre de l’environnement pour également contribuer à la réussite de ladite soirée qui se serait achevée au delà de 21h.

A la lumière de tous ces agissements, force est de reconnaitre que le gouverneur Soriba Sorel ne compte pas s’arrêter là dans sa lutte pour anéantir les restes de cette culture guinéenne qui jadis a brillé de mille feux à travers le monde. La Guinée, terre des arts et de culture dirait un nostalgique, mais la seule chose qui se confirme aujourd’hui, c’est que le pays ne donne aucune chance à ce secteur de se développer car ne bénéficiant pas d’un département digne du nom, d’un budget à la hauteur de ses ambitions, la culture guinéenne est une orpheline qui ne sait plus à quelle saint se vouer. Quel avenir donc pour cette malheureuse culture ? La question reste posée.

Amadou 2 Barry

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Visionjeunes.com

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l'info Guinée

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