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Culture : Etre artiste en Guinée est-il synonyme de perte de temps ?

Outre son côté de défenseur des valeurs culturelles, l’artiste est un créateur qui non seulement cherche à hisser le drapeau de sa nation, mais aussi de subvenir à ses besoins à travers son œuvre artistique. En plus des difficultés pour la production de leurs œuvres, les hommes de culture en Guinée n’arrivent pas à joindre les deux bouts malgré la forte consommation de leur produit par le public. Pourquoi cet état de fait ? Vision jeunes est allé à la rencontre de quelques hommes de culture pour toucher du doigt cette triste réalité. Lisez !

Abdel KADER SYLLA alias Nondi-K est membre fondateur du célèbre groupe de rap Fac Alliance créé en 1994. Aujourd’hui, il a derrière lui 20 ans de carrière, qui lui ont permis de mesurer suffisamment le rendement de la musique pour son auteur dans ce pays. « En Guinée, on ne vit pas de son art à cause de l’absence de l’Etat dans la culture de façon général et c’est encore pire chez les artistes qui font le Hip Hop parce qu’on ne chante pas les gens » a-t-il confié.

Ce sentiment est quasiment partagé par tous les autres hommes de culture. Tous ou presque sont unanimes, que l’artiste ne vit pas de son métier en Guinée. Ils pointent un doigt accusateur sur l’Etat, qui selon eux ne fait pas grand chose pour soutenir les artistes dans le but de promouvoir la culture. Mais à côté du manque de financement de la culture, il y’a un autre problème, celui du piratage des œuvres artistiques. Certains citoyens se sont spécialisés dans la reproduction et la vente des œuvres d’art. Une activité qui leur permet de s’enrichir sur le dos des artistes.

Il faut donc absolument arrêter cette fraude, indique le comédien et humoriste Mamadou Thug pour permettre aux artistes d’avoir le bénéfice de leur travail. « Il faut ralentir la piraterie, aujourd’hui il y’a beaucoup d’outils dans la piraterie qui sont incontrôlés, c’est à dire les cartes mémoires, les cd, les clés USB et autres. Il faut faire payer les droits d’auteur avant même la déclaration des œuvres. Le BGDA doit être en relation avec la douane par rapport à la chose » soutient-il. 

Le Bureau Guinéen du Droit d’Auteur (BGDA) qui doit en principe veiller au respect du droit des auteurs est accusé par les artistes de ne pas jouer son rôle. Des problèmes dans ce secteur on en a parlé mais il en reste encore, et peut-être qu’on ne pourra pas les évoquer tous. Pour l’écrivain Lamine DIABATE, les producteurs aussi constituent un obstacle sérieux à l’épanouissement des artistes. « Il n’ya pas de structures solides pour aider les artistes sachant qu’il y’a pas mal d’ analphabètes parmi eux. Donc les gens se servent de ça pour les exploiter. La plus part signe des contrats qui ne vont pas en leur faveur, ce qui fait que vous voyez des artistes qui ont briller mais après un lapse de temps vous revoyez ces mêmes artistes souffrir » a regretté l’homme de lettres.

Les artistes guinéens ne vivent pas de leur art, Kadé DIAWARA illustre mieux cette malheureuse situation regrettable. Après une carrière pleinement réussie, l’ex- cantatrice est aujourd’hui obligée de mendier pour manger. « Ce que je vais dire aux gens c’est de m’aider s’ils peuvent, m’aider dans ce qui  pourrait m’être profitable » a-t-elle récemment supplié.

Cette situation doit interpeller les autorités à tous les niveaux, mais aussi les acteurs culturels pour la survie de la création artistique et pour le rayonnement de la culture guinéenne dans son ensemble.

Mamadou Alpha Baldé

[email protected]

Visionjeunes.com

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