Home / ACCUEIL / Mohamed Diaby : « Je demande aux pays qui ferment leurs frontières à la Guinée de faire preuve de panafricanisme »
Mohamed Diaby : « Je demande aux pays qui ferment leurs frontières à la Guinée de faire preuve de panafricanisme »

Mohamed Diaby : « Je demande aux pays qui ferment leurs frontières à la Guinée de faire preuve de panafricanisme »

Alors que l’étau se resserre sur la Guinée avec les frontières de certains pays voisins fermées, des compagnies aériennes qui suspendent leurs vols sur le territoire guinéen à cause de l’épidémie d’Ebola, les réactions fusent de partout pour dénoncer ces comportements et par la même occasion, appeler à l’esprit de solidarité. C’est le cas de l’artiste malien Mohamed Diaby figurant parmi les étoiles de la nouvelle génération de chanteurs qui font bouger la musique malienne dans le monde. Il l’a fait savoir dans une interview exclusive qu’il a accordé à notre reporter qui était de passage à Bamako. Ses projets, sa carrière et son amour pour la Guinée ont largement été évoqués dans cet entretien.  Lisez plutôt !

V-J: Bonsoir Diaby, pour commencer, parle-nous de ton actualité.

Oui Bonsoir à tous les lecteurs de Vision Jeunes et coucou à tous ceux qui m’écoutent, qui aiment ma musique et adorent ce que je fais.

Du coté international, j’ai déjà 2 albums qui sont sur le marché du disque. Mais malheureusement, mon label n’a pas voulu que ces albums soient distribués en Afrique à cause de la piraterie qui nous tue en ce moment. Par contre, j’ai fais pas mal de singles et de collaborations qui sont beaucoup écoutés en Afrique.

Actuellement, ma préoccupation est de toujours bosser dans le but de faire plaisir à mes fans et aux mélomanes de la musique du monde mais aussi de rechercher la force pour pouvoir continuer mon travail.

V-J: Parle-nous de tes projets à court terme.

Je suis actuellement entrain de terminer ici au Mali mon studio d’enregistrement audio-visuel pour pouvoir aider des frères comme moi qui n’ont pas eu la chance de se produire ou qui n’ont pas eu la chance de passer dans de grandes antennes. Par la même occasion, essayer de sortir ces personnes du trou afin qu’ils puissent vivre de leur musique. Et par la grâce du tout puissant Allah, je suis sur une bonne voie.

V-J: C’est vrai que ces derniers temps on te connait beaucoup plus actif du coté de l’étranger, mais quelles sont les réalités qui tu vis sur terrain ?

Les choses sont effectivement compliquées sur le terrain mais je remercie Dieu parce qu’il y’a beaucoup de personnes qui cherchent cette opportunité mais qui ne l’ont pas eu. De l’autre coté aussi, il faut reconnaitre que c’est un peu fatiguant de sauter de pays en pays ou de continents en continents pour aller se produire dans des spectacles. Au début, c’est good mais à la fin c’est no good mais quand on veut, on peut et quand on aime son travail, ça passe.

V-J: Parviens-tu à te faire une place ?

Petit à petit, j’arrive à me faire une place. Et je pense d’ailleurs que je suis sur une bonne voie. Je ne dirais pas que j’ai réussi à me faire une place mais je suis entrain de me faire une place parce que je travaille avec des professionnels qui me montrent le chemin à suivre.

V-J: Comment les occidentaux accueillent ta musique en tant qu’artiste de musique africaine?

Dieu merci aujourd’hui j’arrive à remplir des salles de 2.000 et 2.500 places partout en Europe. C’est déjà un plaisir pour moi de jouer dans ces grands coins qui découvrent la musique africaine surtout celle de l’Afrique de l’ouest. A vrai dire, rien n’est étonnant car seul la musique n’a pas de frontières. Il faut aussi souligner que le travail bien fait est toujours bien payé.

Mohamed DiabyV-J: Parle-nous à présent de tes collaborations sur le plan international.

J’ai eu à travailler avec Soprano, Alonzo, Psy4 de la rime, Mokobé, Maska de la Sexion d’Assaut et pas mal d’autres artistes de grandes renommées. Et actuellement, on est entrain de monter un projet de connexion avec des artistes espagnols, italiens, mexicains et flamengos bien connus du grand public. Le projet est composé de 32 artistes et je suis le seul africain qui participe.

V-J: Ces derniers temps, t’as eu à faire pas mal de collaborations avec des artistes guinéens avant d’aller pour une première fois dans la capitale de ce pays qui regorge une frange importante de tes fans. Qu’elle effet cela te fait de te sentir tant aimé dans ce pays voisin au Mali ?

D’abord, je tiens à préciser que la Guinée est mon deuxième pays car ma mère est originaire de Siguiri donc guinéenne. Alors pourquoi ne pas offrir du plaisir du coté de la maman que j’aime bien. Et de toutes façons, la Guinée est le deuxième pays que j’adore le plus au monde après le Mali.

Pour revenir à la question, c’est un honneur pour moi de savoir que je suis aimé dans ce pays  et un plaisir d’avoir eu à travailler avec un artiste guinéen qui n’est autre que Moriba Kourouma.

V-J: Ta vision actuelle sur la musique guinéenne ?

La musique guinéenne n’est pas monotone et ça bouge dans des cadences soussous, mandingues, peuls et guerzés que moi j’adore personnellement et que j’écoute beaucoup. Bref la musique guinéenne tout comme celle de l’Afrique centrale, de l’Afrique du nord m’inspire beaucoup car en les écoutant, j’essaie de ramener de nouvelles choses pour enrichir mon style musical. C’est ce qui fait que je n’ai pas de style particulier mais personnellement je suis de près la musique guinéenne parce qu’il y’a beaucoup de bons musiciens en Guinée. Pour moi, la musique c’est la parole et quand elle  est censée, pour moi elle est bonne.

V-J: Quel est ton mot de la fin ?

Je suis de cœur avec tout le peuple de Guinée et je soutiens les guinéens en cette période de drames dans le pays. Vraiment, ils n’ont pas demandé à avoir cette maladie en Guinée. Et je demande à nos frères africains des pays voisins qui ferment les frontières de positiver car ce n’est pas cela le panafricanisme. Moi je pense que c’est en ce moment qu’on doit tendre la main à la Guinée car ce pays a besoin de tous les africains en ce moment pour combattre cette maladie. Donc, vive la Guinée et vive la musique du monde.

Entretien réalisé par Amadou 2 Barry

[email protected]

Visionjeunes.com

Commenter

Commenter

l'info Guinée

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

*

Scroll To Top